Ecrire l’histoire (revue)

La revue « Ecrire l’histoire » est publiée deux fois par an. Les deux numéros sont consacrés à un thème commun.

L’originalité de la revue se situe dans son « ambition de faire se rencontrer des manières de représenter l’histoire d’ici ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’autrefois ; des manières aussi de se servir de l’histoire, des fonctions et des usages ».
9 numéros sont disponibles
Le dernier numéro consacré aux Mensonges, coordonné par Carine Trévisan, est centré sur l’image et le rapport ancien et privilégié que celle-ci entretient avec l’Histoire. « L’image est devenue une source documentaire de premier ordre, modelant non seulement notre perception, mais également notre mémoire des événements. »
Les deux numéros de 2012 seront donc consacrés aux mensonges des récits, images et discours de l’histoire. Le premier des deux numéros porte sur les images mensongères de la guerre.
La problématique retenue dans ce numéro intéresse de très près les enseignants d’histoire et les différents articles apportent des éléments d’ analyse très intéressants et des idées d’exemples à utiliser dans un cadre pédagogique.
Voici le détail des articles du numéro 9 :

  • Mentir par les médias de Daniel Dahan
  • Numérique et maquillage esthétique des images du passé à la télévision par Laurent Véray
  • Falsifier n’est pas mentir (à propos de 2 films de Peter Watkins) par Pierre Zaoui
  • La vérité sur le mensonge (de Gros à Daumier) par Jean-Philippe Chimot
  • La critique des images de guerre aux Etats-Unis par Roger Brunet
  • Katyn ou l’histoire exhumée par Ewa Maczka

La revue propose également un entretien. Dans ce numéro, il s’agit un entretien avec Andrzej Wajda réalisé à l’occasion de la diffusion de Katyn sur une chaîne de télévision de Saint-Petersbourg.
La deuxième partie de la revue est dédiée à un deuxième thème : rire de l’histoire avec 3 articles proposés.

  • 1789 : le comique est-il au rendez-vous de l’Histoire ? par Philippe Bourdin
  • Plonck et Replonck, le pastiche de l’histoire par Bertrand Tillier
  • La cruauté, le rire, le sarcasme, l’histoire par Jean Jourdheuil

Cartes et documents en histoire géographie 4eme, Scéren, 2012

 

Ce nouvel ouvrage (ex Intercartes du CRDP de Nice) propose des activités centrées sur la cartographie tant en histoire qu’en géographie.

Les activités proposées reposent sur une grande variété de documents et sont menées dans l’esprit des nouveaux programmes d’histoire-géographie et du socle commun.

La nouveauté de cette édition est que  les cartes sont accompagnées d’un corpus de documents de nature variée (tableaux, frises chronologiques, graphiques, textes, …)

Pour chaque grande thématique sont également fournis des éléments de problématique et une mise en perspective.

En histoire, l’ouvrage reprend les 3 grandes parties du programme, subdivisées elles-mêmes en sous-parties . Voici un exemple concret de l’organisation d’un chapitre en histoire :

I – L’EUROPE ET LE MONDE AU XVIIIe SIÈCLE

Thème 1 – L’Europe dans le monde au début du XVIIIe siècle

Entrée : Étude d’un tableau représentant un port (Bordeaux) et le mettre en lien avec les documents ci-dessous (liste non exhaustive des ressources proposées) :

  • Les ports de l’Europe  au  XVIIIe siècle (carte)
  • L’élite bordelaise (texte)
  • La place de la Bourse (photographie)
  • Quelques grandes routes maritimes
  • Des Antilles à l’Europe du Nord via Bordeaux (texte)
  • Le système de l’Exclusif (texte)

Chaque chapitre propose également une brève bibliographie et une courte sitographie.

En géographie, on retrouve le même type d’organisation.

Il est également possible de feuilleter quelques pages pour se faire une idée du contenu.

Le bloc cartes élèves imprimé de l’édition précédente est supprimé (et c’est plutôt une excellente chose) et remplacé par un CD-Rom. Un fond de carte noir et blanc est imprimable si besoin. Le site internet de l’ouvrage proposera, après inscription, l’accès aux cartes de l’ouvrage animées en Flash, les cartes géolocalisées dans Google Earth, les documents feuilletables et les cartes modifiables dans LibreOffice.

Bref, l’outil rendra probablement quelques services aux collègues (je pense particulièrement aux jeunes collègues).

Histoires grecques, Maurice Sartre, 2006

Ce livre m’accompagne depuis des années (je ne suis pas une fan des lectures concernant l’histoire antique que je ne fais que par obligation professionnelle) et je m’y plonge régulièrement.
Maurice Sartre, dès la préface, annonce la couleur. « L’idée [lui] est venue de partir de documents parfois anecdotiques, et d’essayer d’en montrer la portée. En d’autres termes, il s’agissait de mettre sous les yeux du lecteur le travail et les méthodes de l’historien, de montrer comment un document peut se révéler riche d’enseignements si l’on sait l’interroger, le mettre en série, le rapprocher de ceux qui peuvent l’éclairer. »
Ce livre est donc une mine pour les enseignants qui ont eux aussi à partager, transmettre, donner envie, avec une rigueur scientifique irréprochable. Tout le talent de Maurice Sartre réside dans le fait qu’il permet une lecture aisée de choses qui ne sont pas, au premier abord, aussi simples à appréhender.
L’avantage de cet ouvrage pour les enseignants débordés c’est qu’il nous laisse la liberté d’y entrer en fonction de nos urgences. Pour ma part, j’ai commencé par dévorer tous les chapitres (sur les 43 que compte l’ouvrage) qui allaient me servir à préparer mes séquences (je vous en donne la liste) :
– Thésée réunit les habitants de l’Attique ou Les origines de la cité
– Les Théréens s’embarquent pour Cyrène ou Comment fonder une colonie : une légende nationale
– « Et Clisthène fit entrer le peuple dans son hétairie » ou Les bases de la démocratie athénienne
– Un tesson d’ostracisme ou Les progrès de la démocratie après les guerres médiques
– Plaintes d’un bâtard ou La loi de Périclès sur la citoyenneté
– Prière d’Hippolyte à Zeus ou Les femmes dans la cité
– Deux mille hilotes ont disparu ! ou Les esclaves dans la cité
– Nicoclès de Salamine de Chypre paie les dettes de ses concitoyens ou Les étrangers dans la cité
– Les noces de Suse ou Alexandre, l’Iran et les Grecs
– Interdits de gymnase ! ou Éducation et citoyenneté dans le monde hellénistique
– Palmarès d’un athlète de Milet ou Concours et culture grecque
Les exemples choisis par Maurice Sartre permettent de diversifier les approches en classe, d’utiliser des documents originaux absents des manuels scolaires, d’avoir le bagage scientifique nécessaire pour faire un cours en toute sérénité (je ne suis pas antiquisante et je redoute toujours les questions ! )
Les autres chapitres, je les ai lus par plaisir et dans le désordre.

PS : Autre bonne nouvelle, il existe en poche http://www.seuil.com/livre-9782757814772.htm

Les images d’archives face à l’histoire de Laurent Véray, 2011

« Les images d’archives jouent un rôle dans la construction de l’événement historique, sa transmission, sa mémoire. » Les enseignants d’histoire géographie que nous sommes, utilisateurs quotidiens ou presque d’images d’archives dans nos cours, avons tout intérêt à réserver une petite place sur les étagères de nos bibliothèques à cet ouvrage.

En effet, avec beaucoup de passion, Laurent Véray construit sa démonstration autour de trois grands chapitres. Une première partie est consacrée à la conservation et la valorisation des archives animées depuis le début de XXe siècle.  Ce point est particulièrement précieux dans le cadre des enseignements d’exploration en seconde pour aborder les questions liées au patrimoine.

Ensuite, l’auteur revient sur les différentes formes d’appropriation des images d’archives. De quoi nourrir notre réflexion lorsque nous utilisons des films de fictions ou documentaires avec nos élèves. C’est aussi un ouvrage salutaire pour nous incliner à la prudence face à quelques grosses productions audiovisuelles du type Apocalypse.

Et enfin, la dernière partie est constituée pour l’essentiel d’études de cas (on y retrouve des analyses des travaux de Chris Marker, Boris Lehman, Marcel Ophuls, Claude Lanzmann, Rithy Panh,  et j’en passe), bref,  une mine d’exemples pour travailler dans le cadre de l’histoire des arts.

Où trouver l’ouvrage ?