Cartes et documents en histoire géographie 4eme, Scéren, 2012

 

Ce nouvel ouvrage (ex Intercartes du CRDP de Nice) propose des activités centrées sur la cartographie tant en histoire qu’en géographie.

Les activités proposées reposent sur une grande variété de documents et sont menées dans l’esprit des nouveaux programmes d’histoire-géographie et du socle commun.

La nouveauté de cette édition est que  les cartes sont accompagnées d’un corpus de documents de nature variée (tableaux, frises chronologiques, graphiques, textes, …)

Pour chaque grande thématique sont également fournis des éléments de problématique et une mise en perspective.

En histoire, l’ouvrage reprend les 3 grandes parties du programme, subdivisées elles-mêmes en sous-parties . Voici un exemple concret de l’organisation d’un chapitre en histoire :

I – L’EUROPE ET LE MONDE AU XVIIIe SIÈCLE

Thème 1 – L’Europe dans le monde au début du XVIIIe siècle

Entrée : Étude d’un tableau représentant un port (Bordeaux) et le mettre en lien avec les documents ci-dessous (liste non exhaustive des ressources proposées) :

  • Les ports de l’Europe  au  XVIIIe siècle (carte)
  • L’élite bordelaise (texte)
  • La place de la Bourse (photographie)
  • Quelques grandes routes maritimes
  • Des Antilles à l’Europe du Nord via Bordeaux (texte)
  • Le système de l’Exclusif (texte)

Chaque chapitre propose également une brève bibliographie et une courte sitographie.

En géographie, on retrouve le même type d’organisation.

Il est également possible de feuilleter quelques pages pour se faire une idée du contenu.

Le bloc cartes élèves imprimé de l’édition précédente est supprimé (et c’est plutôt une excellente chose) et remplacé par un CD-Rom. Un fond de carte noir et blanc est imprimable si besoin. Le site internet de l’ouvrage proposera, après inscription, l’accès aux cartes de l’ouvrage animées en Flash, les cartes géolocalisées dans Google Earth, les documents feuilletables et les cartes modifiables dans LibreOffice.

Bref, l’outil rendra probablement quelques services aux collègues (je pense particulièrement aux jeunes collègues).

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Le dernier combat de la Cordelière

Mais que diable suis-je allé faire dans cette galère ? De l’histoire-bataille, aux relents salés, un détail de l’histoire bretonne et française ? Que nenni, une belle lecture instructive à plus d’un titre.

Max Guérout, éditions Le Télégramme, 176 p., février 2012.

Ce livre est une rédition, avec deux chapitres réécrits, d’une édition parue en 2002.
Il y a 500 ans, « Le 10 août 1512 à la sortie du goulet de Brest un combat naval sans merci oppose la Cordelière, nef d’Anne de Bretagne au Regent, navire amiral de la flotte d’Henri VIII, roi d’Angleterre. »
Ce livre témoigne des campagnes de fouilles menées par la volonté et le soutien du conseil général du Finistère, et retrace l’histoire du navire en son époque. Le premier mérite est d’éclairer le lecteur sur la méthodologie de l’archéologie sous-marine. Etablir un périmètre et des techniques de fouilles nécessite de mener l’enquête historique, à partir des maigres témoignages directs de l’événement, d’échafauder des hypothèses sur les masses métalliques qui réagiront à la détection du magnétomètre. Le chercheur doit mobiliser un champ de connaissances et de compétences assez vaste, allant de l’histoire des techniques de construction navale à l’hydrographie, en passant par la climatologie. Les recherches sont rendues difficiles car le secteur de fouilles est vaste, jonché d’épaves de diverses époques, et surtout de nombreux cables sous-marins, héritage des communications transatlantiques aujourd’hui délaissées. Près de 70 points ont ainsi été répertoriés et fouillés lord de cinq campagnes par des plongeurs. Bien que les célèbres épaves n’aient pas été retrouvées, un état des lieux complet de la zone a été dressé et cartographié qui pourra servir à l’avenir.
Mais ce livre est avant tout un livre d’Histoire, sans doute même d’histoires, qui allient la rigueur de l’écriture historique à un sens de la narration propre à séduire un vaste public. Les chapitres décrivant le séjour de la Cordelière en Méditerranée de 1501-1504, alliant les volontés hégémoniques de Louis XII sur le royaume de Naples et l’esprit de croisade face aux Ottomans, et la bataille finale du 10 août 1512, sont des morceaux littéraires savoureux décrivant le formidable esprit d’aventure de ces Bretons, Normands, Flamands, Gênois, Provençaux, Anglais, Espagnols, Vénitiens…
La figure centrale de cet histoire est un jeune nobliau breton, qui grandit près du Conquet et de sa célèbre école de cartographie, Hervé de Porzmoguer. Après avoir écumé les mers et opéré de nombreuses prises en tant que corsaire, dont certaines à la limite de la légalité, il s’attire les faveurs de la duchesse Anne de Bretagne qui lui confie le commandement de la Cordelière, nef ducale construite à Morlaix, dont le financement (par de multiples villes bretonnes) et la construction sont retracées par une analyse serrée des archives. Le contexte historique explique le retentissement important de cette bataille navale. En cette fin de 15e siècle, les mariages d’Anne de Bretagne avec Charles VIII puis Louis XII scelle définitivement le destin du duché qui sera définitivement rattaché à la France au début du 16e siècle. Les Etats modernes se dotent d’une flotte de combat pour asseoir leur expansion sur les mers, et assurer des conquêtes. Les bateaux se modernisent. Avec l’invention du sabot d’artillerie vers 1500, une fenêtre dans la coque en bois qui permet d’augmenter la puissance de feu, les navires tendent à se spécialiser, alors que jusque-là les navires de commerce servaient aussi, et continuent encore, à servir pour la guerre. Les souverains deviennent ainsi capables de mobiliser et de coordonner des flottes importantes, annonçant les futures armadas. Au Ponant, Louis XII peut compter sur le dynamisme des armements breton et normand, y compris donc pour opérer en Méditerranée.
Un autre acteur décisif est Henri VIII, qui, succédant à son père en 1509, lance l’Angleterre dans une politique navale ambitieuse qui rebat les cartes des relations européennes. Les relations franco-anglaises en Manche sont depuis longtemps marquées par l’esprit de rapine. En 1511, Henri VII rejoint la coalition européenne contre Louis XII connue sous le nom de la Sainte Ligue. C’est dans ce cadre que prend place le combat exceptionnel entre la Cordelière et le Régent. Au large du goulet de Brest, mal engagée dans la bataille et voyant venir au vent la flotte anglaise, une grande partie des navires français décide de se réfugier dans la rade encore acessible, mais trois bâtiments restent pour protéger cette fuite. Les témoignages de la bataille sont peu nombreux, et une seule lettre est rédigée par un acteur direct du combat, Berquetot, capitaine de la nef de Dieppe. Ce dernier reprocha longtemps à l’amiral de Clermont, commandant de la flotte française, son retrait du combat.
Le récit épique livré par Max Guérout, ancien officier de Marine, qui a fondé en 1982 le Groupe de recherche en archéologie navale, est donc issu de la confrontation de sources d’époque, mais pas forcément directe, du combat. Il montre d’ailleurs comment certains textes, de l’entourage de la duchesse Anne, ont facilité la construction d’un mythe autour de Porzmoguer et de la Cordelière. Enchaînés, les deux nefs principales finissent par exploser en pleine mer après plusieurs heures de combat, entraînant la disparition de près de 1500 hommes selon les estimations de l’historien, dont toute une partie de jeunesse bretonne embarquée sur ce navire. Le mythe véhicule d’ailleurs l’idée d’une explosion volontaire décidée par Porzmogueur, qui symboliserait le sacrifice breton envers la France.
Cet ouvrage rythmé se lit comme un roman, et il s’agit pourtant bien d’éclairer un évenement historique dans ses multiples échelles. Deux lettres d’époque, de nombreuses archives et notes de bas de page, quelques documents iconographiques, illustrent et certifient le propos. Le professeur d’histoire ne trouvera sans doute pas une adaptation évidente pour ses classes, sauf peut-être nos collègues bretons, mais ce livre permet une immersion dans une période historique foisonnante, où les bouleversements politiques, maritimes, sont profonds, tout en éclairant les constructions étatiques, les relations de pouvoir, les horizons de ces aventuriers du 15e siècle.
Peut-être bien qu’Hergé a puisé dans l’histoire de la Cordelière l’association des jurons favoris du capitaine Hadock : « mille millions de mille sabords » et « tonnerre de Brest » ?

Histoires grecques, Maurice Sartre, 2006

Ce livre m’accompagne depuis des années (je ne suis pas une fan des lectures concernant l’histoire antique que je ne fais que par obligation professionnelle) et je m’y plonge régulièrement.
Maurice Sartre, dès la préface, annonce la couleur. « L’idée [lui] est venue de partir de documents parfois anecdotiques, et d’essayer d’en montrer la portée. En d’autres termes, il s’agissait de mettre sous les yeux du lecteur le travail et les méthodes de l’historien, de montrer comment un document peut se révéler riche d’enseignements si l’on sait l’interroger, le mettre en série, le rapprocher de ceux qui peuvent l’éclairer. »
Ce livre est donc une mine pour les enseignants qui ont eux aussi à partager, transmettre, donner envie, avec une rigueur scientifique irréprochable. Tout le talent de Maurice Sartre réside dans le fait qu’il permet une lecture aisée de choses qui ne sont pas, au premier abord, aussi simples à appréhender.
L’avantage de cet ouvrage pour les enseignants débordés c’est qu’il nous laisse la liberté d’y entrer en fonction de nos urgences. Pour ma part, j’ai commencé par dévorer tous les chapitres (sur les 43 que compte l’ouvrage) qui allaient me servir à préparer mes séquences (je vous en donne la liste) :
– Thésée réunit les habitants de l’Attique ou Les origines de la cité
– Les Théréens s’embarquent pour Cyrène ou Comment fonder une colonie : une légende nationale
– « Et Clisthène fit entrer le peuple dans son hétairie » ou Les bases de la démocratie athénienne
– Un tesson d’ostracisme ou Les progrès de la démocratie après les guerres médiques
– Plaintes d’un bâtard ou La loi de Périclès sur la citoyenneté
– Prière d’Hippolyte à Zeus ou Les femmes dans la cité
– Deux mille hilotes ont disparu ! ou Les esclaves dans la cité
– Nicoclès de Salamine de Chypre paie les dettes de ses concitoyens ou Les étrangers dans la cité
– Les noces de Suse ou Alexandre, l’Iran et les Grecs
– Interdits de gymnase ! ou Éducation et citoyenneté dans le monde hellénistique
– Palmarès d’un athlète de Milet ou Concours et culture grecque
Les exemples choisis par Maurice Sartre permettent de diversifier les approches en classe, d’utiliser des documents originaux absents des manuels scolaires, d’avoir le bagage scientifique nécessaire pour faire un cours en toute sérénité (je ne suis pas antiquisante et je redoute toujours les questions ! )
Les autres chapitres, je les ai lus par plaisir et dans le désordre.

PS : Autre bonne nouvelle, il existe en poche http://www.seuil.com/livre-9782757814772.htm

Socle commun et compétence. Pratiques pour le collège

Vous n’avez sûrement pas échappé « au débat » en salle des profs sur le socle commun de connaissances et de compétences (S3C), sur la validation du livret personnel de compétences (LPC) et l’approche de la fin du 3ème trimestre risque de ranimer la discussion.

Nos collègues Annie di Martino et Anne Marie Sanchez nous livrent un ouvrage précieux (édition ESF – 2011)

Pourquoi ? 

Parce qu’il donne envie !

a. D’abord envie d’en savoir un peu plus sur ce qu’est une compétence, depuis quand ça agite les enseignants (enfin, certains), qu’est ce que ce fameux socle, défini  par la loi de 2005 : vous trouverez cela dans la 1ère partie, l’état des lieux.

b. Puis envie de comprendre pourquoi il y a tant d’interprétations variées sur ce thème des compétences et comment s’y retrouver puis se lancer ; ça c’est dans la 2ème partie, les bases. Vous y trouverez notamment une explication de ce qu’est une tâche complexe et ce que signifie travailler par compétence

c. Envie d’expliquer à tous ( parents, collègues) pourquoi l’enseignement par compétences ça marche pour motiver les élèves : c’est le thème de la 3ème partie, des avantages pour tous.

d. Envie d’essayer, de mettre les mains dans le cambouis. C’est ma partie préférée ! Elle montre comment tout finalement s’articule, l’évaluation, la notation, la validation, le travail d’équipe … (4ème partie)

Le livre fait des allers-retours entre les apports didactiques les plus récents (fonctionnement cérébral, gestes mentaux, …)  et pertinents et des exemples de terrains, dans différentes matières. Et cela sans éluder le débat sur la pertinence de l’approche par compétences et sur la validation du S3C – palier 3 en fin de 3ème.

Je vous conseil de le lire petit à petit et d’ y revenir, car tout n’est pas si simple à comprendre !

A qui s’adresse ce livre ? 

Je crois qu’en premier lieu il concerne tous les enseignants qui veulent comprendre par eux-mêmes ce qu’est une compétence, ce qu’est ce socle. Il permet ainsi de se faire une idée assez claire de ce qu’ on devrait mettre dans ce socle (et qui n’y est pas forcément ! )

Ensuite, si vous êtes convaincus, ce livre est là pour donner des idées, des pistes. Rien n’est donné clé en main, il faudra adapter ! Il permet aussi de compléter nos

Et si vous n’êtes pas convaincus, vous pourrez débattre avec les autres en sachant de quoi vous parlez, ce qui est déjà un grand pas en avant !

Ce que j’en ai fait ? 

Ce livre est sur mon bureau. Il se retrouve parfois sous des paquets de copies, de préparations, … mais il remonte toujours au dessus de la pile !

Plus sérieusement, ce livre me sert un peu de dopant pédagogique : quand on se sent un peu seul, quand on doute un peu de certaines de ses approches, il réconforte aussi bien qu’un chat et relance la machine aussi bien qu’une coupe de champagne ! ( vous pouvez remplacer par votre boisson fétiche)

Plus de détails sur le site de l’éditeur : http://www.esf-editeur.fr/detail/711/socle-commun-et-competences.html